Rencontre & Conférence
17 septembre 2021 18:30
1 heure 30

Gratuit, entrée libre - Réservation recommandée • Je réserve ma place

Le Festival Photo La Gacilly et la Scam proposent une soirée dédiée à la photographie humaniste en présence des photographes lauréats du Prix Roger Pic de la Scam.

Les photographes Alexis Vettoretti, Florence Levillain et Sandra Reinflet, distingués par le jury du Prix Roger Pic de la Scam, vous présenteront leurs portfolios et leurs démarches artistiques. Un moment d’échanges avec les artistes autour de la photographie humaniste.

Chaque année, la Scam remet le Prix Roger Pic à l’auteur ou l’autrice d’un portfolio photographique documentaire, témoignant d’un regard humaniste et généreux. Une manière de rendre hommage au photographe, réalisateur et militant du droit d’auteur qui a donné son nom à ce prix. Pour cette 29e édition du Prix Roger Pic, le jury a consacré Alexis Vettoretti pour son portfolio L’Hôtel de la dernière chance, et attribué une mention spéciale à Florence Levillain de l’agence Signatures, pour sa série Nébuleuse. Deux travaux photographiques où narration documentaire et mise en scène s’entremêlent, s’épousent pour mieux raconter le réel et toucher notre regard.

Sandra Reinflet, lauréate du Prix Roger Pic 2020, animera cette soirée en présentant son travail VoiE.X, artistes sous contraintes, vous faisant découvrir les portfolios des lauréats 2021.

Soirée organisée en présence des artistes dans le cadre de la programmation du Festival Photo La Gacilly pour les Journées européennes du patrimoine 2021, en partenariat avec la Scam, Société civile des auteurs multimédia.

Pass sanitaire obligatoire Centre Culturel Artémisia, 5 avenue des archers, 56 200 La Gacilly

Alexis Vettoretti, Prix Roger Pic 2021

Photographe documentaire, Alexis Vettoretti part à la rencontre des gens et du temps. À la recherche de cette nostalgie qui attrape les cœurs, lui pour qui le fatalisme a quelque chose de séduisant, il aime raconter des histoires de vie qui s’inscrivent dans une temporalité sociale donnant matière à réflexion et émotion pour le public. Il aime que ses photos d’abord interpellent, puis s’adoucissent ensuite, et se laissent apprivoiser par le regardant. Il s’intéresse à la condition ouvrière, celle qui traverse les époques et les géographies, et dont les groupes d’individus sont aujourd’hui le témoin d’une révolu6on florissante passée. Brouillant la temporalité, il emmène le public à la rencontre de femmes et hommes qui sont là, immuables, parce qu’en réalité, tout change et rien ne change.

L'hôtel de la dernière chance de Alexis Vettoretti – 2020

Résumé : Je me suis rendu régulièrement dans un hôtel longue durée d’un quartier populaire de Paris. Depuis un demi-siècle ce lieu accueille des hommes, un loyer moyen de 500 € par mois pour quelques m2. Ils s'appellent Joël, Rolland, Pascal et vivent dans une chambre, sans cuisine, toilettes et douche à l’extérieur. Ils font partie de la « zone grise ». Une zone de notre société boueuse, où quand on y met le pied, il est difficile d’en sortir. Elle s’accroche aux godasses et laisse des traces.

Crédit Photo : Alexis Vettoretti

Florence Levillain, Mention Spéciale Prix Roger Pic 2021

Florence Levillain suit deux lignes directrices centrées sur l'humain, l’une sociale, l’autre ludique. Elle entre dans les collections de la MEP avec une série hommage à Sabine Weiss et dans celles du MFP avec « Parce qu’ils le valent bien » (2017). Ses portraits d’usagers des bains publics sont exposés au festival ImageSingulières, à la Maison des métalos, au Merlan et lors du Mois de la photo du Grand Paris (2018). Lauréate des résidences des festivals Les femmes s’exposent (2018) et Saint-Brieuc (2019) elle aborde le territoire par le biais de portraits d’anonymes. En 2020, elle expose « Au pied de la lettre » à fotofever et « femmes de science », une carte blanche de l’université du Havre. Florence Levillain est membre de l’agence Signatures.

Nébuleuse de Florence Levillain – 2020 / Signatures.

C'est l'histoire d'une adolescente qui décrit le monde qui s'offre à elle. Le monde présent confiné, absurde, contradictoire mais auquel elle tient malgré tout et le monde à venir, inquiétant, entaché de problèmes écologiques, sociaux , sanitaires mais qu'elle souhaite irréductiblement humoristique et créatif. On y parle ensemble d'être obligatoirement dans sa bulle, solitaires et perclus d'ennui, de pollutions de toutes sortes mais aussi d'espoir et de poésie. Car à 15 ans même abasourdie on veut y croire. Cette série ambivalente dénonce la noirceur du monde mais de manière lumineuse et chatoyante pour rester tournée vers l’avenir et porteuse d’espoir.

Crédit photo : Biosphère Florence Levillain / Signatures

Sandra Reinflet, Prix Roger Pic 2020

VoiE.X, artistes sous contraintes de Sandra Reinflet

Comment faire de l’art son métier quand il est la dernière priorité d’un gouvernement, qu’aucune structure de diffusion n’existe ou qu’il est muselé par la censure ?

La série VoiE.X, réalisée en Mauritanie, en Iran, en Papouasie Nouvelle Guinée, à Madagascar et au Brésil présente des portraits d’artistes qui posent l’acte de création comme un acte de résilience et de résistance, dans des pays où vivre de l’art est une gageure.

Prises au grand angle et mises en scène, les images esquissent une géographie intime où le sujet et son environnement sont liés, de gré ou de force.

Lorsqu’il lui faut décliner une profession, Sandra Reinflet hasarde : « inventeuse d’histoires vraies ». Elle utilise la photographie et le texte pour mettre en scène le réel – partant du principe que tout est fiction dès que l’on choisit un cadre. Elle a publié quatre livres et sa série Qui a tué Jacques Prévert ? a notamment été distinguée par la Bourse du talent. De Port-Moresby à Saint-Denis, elle réalise de nombreuses actions culturelles pour amplifier la voix de ceux que l’on n’entend pas, ou pas assez.

Crédit photo : Sandra Reinflet