RÉENCHANTER NOS VIES

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire. » Henri Bergson

Aurions-nous pu imaginer un seul instant que, d’un coup, nos existences seraient mises entre parenthèses, que nos sociétés seraient stoppées net dans leur course vers une modernité parfois incontrôlée ? La pandémie de la Covid-19 a déréglé toutes les pendules. Rien, depuis le début de l’année 2020, ne s’est déroulé comme prévu. Des millions de vies ont été perdues, l’économie mondiale connaît sa pire récession depuis la crise de 1929, les manifestations culturelles ont été placées sous cloche, et chacun d’entre nous a été dépossédé de ses libertés les plus fondamentales : se déplacer, se réunir, embrasser ses proches, mettre le nez dehors, vivre normalement tout simplement. La vie sociale s’est doucement refermée sur l’espace clos de la famille.

Reste que les mesures de confinement mises en place pour lutter contre la propagation du virus ont, paradoxalement, laissé entrevoir la possibilité d’un avenir moins sombre. Que l’on puisse brutalement suspendre le cours de l’activité économique au nom d’un impératif sanitaire a également montré la force des utopies : la catastrophe en cours nous ouvre à la fragilité du système que forme l’interconnexion des structures sociales, du système productif et de la biosphère. Un désir de solidarité s’est manifesté, nous savons désormais que l’on peut à tout moment changer le cours des choses, que de la catastrophe il peut naître une prise de conscience. Il en va ainsi de notre rapport à la nature, et c’est le message que nous avons toujours souhaité transmettre depuis les débuts du Festival Photo La Gacilly : montrer en image, par le regard des artistes, la beauté précaire de notre Terre.

Au plus fort de la pandémie, quand l’Europe a commencé à se confiner, des images ont fleuri sur nos écrans : des dauphins dans la lagune de Venise, des animaux sauvages dans les rues des villes, la chaîne de l’Himalaya débarrassée de son halo de pollution par une décrue bien réelle des émissions de CO2. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne s’y est pas trompé. En mai 2020, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus déclarait ainsi : « La pandémie nous rappelle que l’humanité et son environnement entretiennent une relation intime et délicate. Tous les efforts déployés pour rendre notre monde plus sûr sont voués à l’échec s’ils ne portent pas sur l’interface cruciale entre l’être humain et les agents pathogènes, et sur la menace existentielle des changements climatiques, qui rendent notre planète moins habitable. »

Cette crise sanitaire pourrait-elle être le signal d’alarme – et en fait, l’occasion – dont nous avions besoin pour changer de cap, pour modifier notre rapport à la nature, pour ré-enchanter nos vies ?

 

APRÈS LES TÉNÈBRES, LA LUMIÈRE

Si certains dirigeants politiques ont affirmé qu’une pandémie de cette ampleur était imprévue, de nombreux experts jugent qu’elle était en réalité inévitable compte tenu de la prolifération des zoonoses. Plus de 60 % des nouvelles maladies infectieuses sont désormais d’origine animale. Cette tendance est directement liée aux activités humaines. De l’agriculture intensive à la déforestation, en passant par l’extraction minière et l’exploitation des animaux sauvages, ces pratiques destructives nous mettent en contact toujours plus étroit avec les animaux, créant les conditions idéales au franchissement de la barrière d’espèce. En ce sens, Ebola, le VIH, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) – tous d’origine zoonotique – sont autant d’avertissements que nous avions ignorés.

C’est au fond des ténèbres que l’on commence à chercher la lumière. Nous pouvons enfin comprendre que nous jouons avec nos vies, que nous nous mettons en danger en maltraitant la biodiversité et les équilibres naturels dont nous bénéficions. Il ne s’agit plus de faire l’inventaire de cette destruction massive du vivant : plus de 100 millions d’hectares de forêts ont été détruits ces vingt dernières années ; un million d’espèces animales et végétales (soit une sur huit) se sont éteintes du fait de la disparition de leur habitat, du changement climatique, et de la surexploitation des sols ; et en 2025, la demande en eau dépassera la quantité disponible avec plus de la moitié de la population mondiale qui entrer  en stress hydrique.

Plus nous attendrons, plus nous repousserons les échéances, plus les problèmes grandiront. Avec cette même question, toujours sous-jacente : comment avons-nous pu devenir les étrangers de notre propre Terre ? Comment avons-nous pu rompre ce lien qui nous unissait si charnellement à la nature ? Avec le temps, doucement, l'humanité s’est éloignée de cette matrice naturelle avec laquelle elle faisait corps. Dans un premier temps, en quittant le berceau forestier dans lequel elle s’était réfugiée il y a 300 000 ans. Puis, en inventant l’agriculture, s’affranchissant d’un coup de ce vaste tissu qui la liait aux plantes. Enfin, dans la seconde moitié du siècle dernier, en se réfugiant dans les villes et en favorisant l’industrialisation de l’élevage, de la culture du blé, du maïs et des matières premières. En dominant la terre, elle s’est lentement enfermée dans la négation du vivant, coupant sans le vouloir le lien ombilical avec la nature.

Plus de la moitié des êtres humains vivent désormais dans des espaces urbains au sein desquels les expériences sensorielles avec le vivant ne sont plus qu’occasionnelles. Comme le constatait Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie analytique : « À mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé. L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature. » La pandémie de la Covid-19 a profondément développé le sentiment d‘urgence climatique car elle a servi de catalyseur à cet impératif de s’ouvrir aux espaces naturels, de sortir de notre torpeur par les plaisirs simples de marcher en forêt ou sur le bord des plages, de respirer à pleins poumons comme une délivrance.

Ne pas retomber dans les mauvais réflexes du monde d’avant, mieux penser l’après, partir à la quête du rayon vert, retrouver une nouvelle harmonie avec notre milieu naturel doivent devenir une évidence pour reconstruire positivement nos sociétés. L’été dernier, au coeur de la crise sanitaire, les visiteurs – nombreux – n’ont pas boudé leur plaisir en arpentant nos ruelles, nos jardins, nos venelles de La Gacilly à la découverte de ces photographies en plein air et sur grand format. Alors que la plupart des festivals de France n’avaient pas pu se tenir, nous n’avons pas voulu baisser les bras : au nom du public, au nom de la photographie, au nom de notre engagement fort de continuer à informer et à émouvoir sur cette thématique qui nous est chère, celle du lien unissant les humains à la nature. Nous avons senti ce besoin d’air, ce besoin d’art aussi, et il suffisait de découvrir sur le visage des festivaliers leur bonheur d’humer cette culture offerte pour comprendre combien notre mission s’avérait salvatrice.

 

PLEIN NORD, LA PHOTOGRAPHIE SCANDINAVE À L’HONNEUR

Pour cette 18e édition du Festival Photo La Gacilly, nous souhaitons plus que jamais offrir un monde à ré-enchanter. « Plein Nord » n’est pas seulement l’occasion d’indiquer un nouveau cap pour nos existences déboussolées, mais aussi de mettre en lumière la puissance créatrice et souvent méconnue de ces artistes venus d’Europe du Nord qui, depuis l’aurore de la photographie, entretiennent un lien quasi charnel avec la rudesse de leur terre, une terre nourricière qu’ils honorent, et qu’ils nous dévoilent au travers de leurs oeuvres. Intégrant un environnement sauvage et la solitude dans leur rapport au monde, les peuples du Danemark, de Finlande, d’Islande, de Norvège ou de Suède ne se contentent pas d’exploiter les fruits de la nature d’une manière aveugle, mais d’en comprendre surtout le fonctionnement en l’observant avec bienveillance. Leur connaissance, leur curiosité pour la faune et la flore expliquent qu’ils aient davantage à coeur de les respecter.

Pas étonnant que les pays du Nord soient en tête des nations les plus agréables à vivre, tout en affichant une santé économique insolente. Paralysés régulièrement par le givre et le froid, s’acclimatant aux grands espaces, ils ont développé une tradition séculaire de consensus politique, de refus du conflit et d’un développement sociétal fondé sur une stricte préservation des ressources naturelles. À Copenhague, 40 % des habitants se rendent au travail à vélo ; à Stockholm, les bus carburent au bioéthanol ; à Reykjavik, la géothermie s’est banalisée. C’est ce qu’on appelle le pragmatisme scandinave. Certains y verront l’héritage des enseignements luthériens, d’autres les traces plus lointaines, d’une tradition viking. On ne survit pas dans le Grand Nord sans un certain sens de l’adaptation. Dans des pays où la chaleur et la lumière sont deux denrées vitales plus de six mois sur douze, l’enjeu environnemental est crucial. On comprend mieux dès lors pourquoi la jeune suédoise Greta Thunberg est devenue, auprès de la jeunesse mondiale, la nouvelle égérie du combat climatique : elle sait que, tout près de chez elle, la fonte des glaces et de la banquise ne sont pas une illusion boréale. Quand votre culture est menacée par les effets du réchauffement climatique, vous avez le devoir d’alerter les opinions publiques.

Par la diversité de leur approche photographique, explorant pour certains la rudesse de leur environnement, pour d’autres la complexité de nos évolutions modernes, ces photographes venu.e.s du Nord ont tous en commun un regard mêlé de poésie, parfois teinté de surréalisme, pour éveiller nos consciences à mieux appréhender le monde de demain. Ils sont à leur manière les sentinelles artistiques d’une civilisation positive. Il y a moins d’un siècle, la campagne suédoise vivait encore au rythme des saisons, dans un univers de solitudes et de petits bonheurs du quotidien. Sune Jonsson, originaire d’un village bien éloigné des grandes villes, a immortalisé avec tendresse cette société révolue. Il y a du Walker Evans dans ses clichés documentant la pauvreté de ce monde rural, du Willy Ronis aussi dans sa façon de capter avec précision le portrait de ses contemporains. Des images d’un autre temps, trop peu présentées en France, qui sont celles d’un virtuose de la photographie. Pentti Sammallahti, quant à lui, est l’un des grands maîtres contemporains du noir et blanc. Observateur aguerri de sa terre natale, la Finlande, voyageur insatiable des contrées les plus lointaines, il nous emporte avec mélancolie dans le silence salvateur des grandes étendues, comme pour témoigner de l’extrême fragilité de notre espace naturel.

Impossible d’évoquer les pays des glaces sans précisément s’aventurer dans cet univers polaire fragilisé par le réchauffement climatique, non sans conséquence pour les rares populations qui l’habitent. Depuis 1995, la photographe finlandaise Tiina Itkonen parcourt les côtes gelées du Groenland, partageant des mois entiers le quotidien des Inughuit, cette minorité inuit qui lutte pour conserver son mode de vie ancestral. Entre paysages grandioses réalisés en format panoramique et visions dépouillées d’un habitat coloré, elle restitue avec éclat cette terre prise entre ciel et glace. L’Islandais Ragnar Axelsson, sur ces mêmes steppes givrées groenlandaises, nous fait ressentir, avec une esthétique en noir et blanc sans pareil, l’atmosphère unique d’un monde en voie de disparition, celui de ces peuples en perpétuel déplacement sur la calotte glaciaire, les visages balayés par la morsure du vent, et se déplaçant avec leurs chiens de traîneaux, compagnons sauvages et indissociables de leur destinée.

Vivre au coeur de la flore et de la faune, prendre le temps de contempler l’indicible beauté de notre terre matricielle. Tine Poppe, originaire d’Oslo, s’ingénie dans d’étonnantes variations végétales, à magnifier les fleurs sauvages, l’herbe fraîche ou les massifs forestiers, mariant visions psychédéliques et technique naturaliste dans une ode bienvenue à la nature. Quant à l’artiste finlandaise Sanna Kannisto, son sens de l’observation et son approche scientifique rigoureuse ne sont pas sans rappeler la précision des croquis de Buffon ou Darwin. Depuis vingt ans, elle se rend dans les stations ornithologiques du monde entier, et fait poser en studio toutes les espèces d’oiseaux dans le même cadre, avec la même distance, sublimant les détails de leur anatomie et la beauté de leur plumage. Un inventaire pour la postérité.

Proposer aux festivaliers un kaléidoscope des différentes écritures photographiques, appeler au questionnement, interloquer, provoquer des émotions, participent à notre souci de dévoiler toute la diversité créatrice des artistes. Erik Johansson est, à cet égard, l’un des plus singuliers. Pour cet avant-gardiste suédois de la post-production, la prise de vue n’est qu’une première étape : habile virtuose des outils numériques, il crée des illusions d’optique, des compositions surréalistes au service du message qu’il souhaite nous délivrer, celui d’un monde absurde inventé par les humains. Quant à Helena Blomqvist, cette photographe ne craint pas de nous entraîner au coeur de l’étrange, entre contes terrifiants, créatures tout droit sorties de nos rêves d’enfant, et légendes populaires de sa terre natale, la Suède. Intrigantes, poétiques, parfois dérangeantes, ses créations évoluent dans un univers quasi cinématographique que le génial Tim Burton ne renierait pas. Avec Jonas Bendiksen, membre de l’agence Magnum, nous montrerons deux travaux diamétralement opposés de ce photojournaliste émérite, habitué des pages du National Geographic. Avec Big Melt, il nous emmène depuis les glaciers du plateau tibétain jusqu’aux plaines asiatiques pour montrer toutes les conséquences dramatiques du réchauffement et de la montée des eaux sur les populations arrosées par le Toit du monde ; en regard de ce reportage, nous découvrirons un travail plus intimiste, celui qu’il a réalisé pour le journal local Vesteraalen, dans le nord de son pays natal, la Norvège, capturant toute l’identité de cette région rurale.

Enfin, pour clore cette programmation sur la photographie du Grand Nord, nous sommes heureux de prolonger notre collaboration avec l’Agence France-Presse, habituellement spécialisée dans le traitement des sujets d’actualité. Deux photographes ont été choisis pour illustrer le regard de l’AFP sur ces pays du froid : le Suédois Jonathan Näckstrand témoigne de la conscience écologique de ces pays aux avant-postes de la crise climatique ; le Français Olivier Morin, longtemps basé à Stockholm et amoureux de ces terres scandinaves, nous offre un panorama des sports les plus extrêmes, dans le froid et le givre.

 

LE MONDE DE DEMAIN DANS L’OBJECTIF

Penser aussi au monde de demain, celui qui naîtra après la crise sanitaire, celui que nous idéalisons, et celui que nous refusons. Depuis que Nick Brandt a pris la défense de la faune sauvage en Afrique, le Festival Photo La Gacilly a toujours soutenu le travail ambitieux de ce photographe visionnaire. Cette fois, nous dévoilerons son dernier opus, This Empty World, des mises en scène spectaculaires pour dénoncer cette urbanisation galopante qui menace nos écosystèmes et les habitats des grands mammifères. Avec Mathias Depardon, dernier lauréat du Prix Photo Fondation Yves Rocher, nous suivrons le cours du fleuve Tigre et sa lente agonie, depuis la Turquie jusqu’aux confins de l’Irak : le photojournaliste travaille depuis plusieurs années sur ce road-movie documentaire et environnemental. La construction d’immenses barrages en amont, conjuguée aux guerres intestines et aux sécheresses endémiques, ont asséché peu à peu les anciens marais de Mésopotamie. Quand les populations subissent de plein fouet la folie des hommes…

Refuser la destruction du vivant, recréer un tissu végétal, agir pour la vie, notre festival s’y emploie aussi en soutenant les photographes qui partagent nos combats. Soutien indéfectible de notre manifestation, la Fondation Yves Rocher s’était engagée à planter 100 millions d’arbres d’ici 2020 et à financer des projets photographiques pour sensibiliser le public à la déforestation. Pari tenu ! Nous dévoilerons en exclusivité les derniers travaux réalisés à cette occasion par des photographes compagnons de route de La Gacilly : Pascal Maitre nous emmène au Mexique assister à l’incroyable odyssée des papillons monarques qui, par millions, viennent hiberner dans les forêts du Michoacán ; Catalina Martin-Chico nous transporte en Équateur, chez les indiens Kichwa, soucieux de conserver leur espace forestier qui fournit l’essentiel de leurs ressources ; la photographe allemande Ulla Lohmann, elle, a partagé le quotidien de la communauté de Sakalava, à Madagascar, où les lémuriens, menacés d’extinction, sont considérés comme des êtres sacrés et la déforestation sévèrement réprimée.

 

LE SOUTIEN À LA CRÉATION PHOTOGRAPHIQUE

Mais cette politique de production va plus loin pour accompagner la création photographique. Florence Joubert, avec le soutien du Conseil départemental du Morbihan, est partie cet hiver, au coeur de la crise sanitaire, à la rencontre de ces femmes et de ces hommes de notre département qui ont choisi d’anticiper nos besoins futurs en cette période de rupture : innover est le moteur de leur inspiration et ils nous apportent des voies nouvelles en privilégiant les circuits-courts, en faisant confiance au collectif, en prenant soin de notre terre, soucieux d’une société durable. Se préoccuper de notre territoire, mieux comprendre les interactions sociales, mettre un visage sur celles et ceux qui dessinent notre espace de vie, c’est tout le sens de la résidence Ruralité(s) accordée cette année à la photographe Aglaé Bory après un appel à projet lancé par notre Festival : deux mois durant, elle a travaillé au plus près des habitants de nos terres de La Gacilly pour construire une fresque visuelle sur Les Horizons, cartographie des possibles, entre portraits et paysages, et montrer toute une identité en mouvement. Et puis, pour la 6e année consécutive, nous poursuivons notre collaboration avec Fisheye, dans notre volonté de mettre en lumière les nouveaux talents de demain, par le Prix Nouvelles écritures de la photographie environnementale. Trois lauréat·e·s ont été distingué·e·s que nous exposerons dans la variété de leur traitement photographique : la Marocaine Imane Djamil avec son travail en polyptyques sur la ville ensablée de Tarfaya ; la Franco-péruvienne Florence Goupil qui s’est penchée sur le sort d’une communauté amazonienne en proie à l’épidémie de la Covid-19 ; et le Français Brieuc Weulersse qui, dans une écriture très clinique, a placé son objectif dans des laboratoires d’expérimentation à la recherche de solutions positives face à l’effondrement annoncé.

Enfin, nous célébrerons la 10e édition du Festival Photo des collégiens du Morbihan : plus de 350 élèves se sont interrogés en image sur cet avenir qu’ils imaginaient, avec pour thème de réflexion « Dans tes rêves ». Rêver, pour adoucir notre imaginaire.

Un monde à réenchanter, c’est nécessairement revisiter et réévaluer le rôle des humains dans l’organisation de nos sociétés, retrouver le sens du sacré et la faculté de s’émerveiller devant cette beauté du monde qui nous a été donnée, et se demander enfin de quel progrès nous avons besoin pour notre épanouissement. L’artiste rappelle à l’individu moderne son devoir de respecter l’harmonie naturelle. En offrant aux photographes les cimaises végétales de notre village, le Festival Photo La Gacilly nous force à garder les yeux ouverts sur un avenir à réinventer.

 

Cyril Drouhet,

Commissaire des expositions du Festival Photo La Gacilly

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