Présentation

Arièle Bonzon a plusieurs cordes à son arc. Son œuvre s’articule autour de thèmes variés comme la musique, le théâtre ou encore la danse.
Depuis 1982, elle est représentée par la Galerie Le Réverbère à Lyon avec laquelle Arièle vient de produire sa nouvelle exposition :Incertitudes.

Depuis plusieurs années, je photographie au polaroid des assemblements de fleurs coupées ou bouquets.
Après ces années d’observation (mutuelle, me semble t-il parfois !) j’en suis venue à cette impression que les fleurs ont une vie à elles, et nous offrent, lors de ce bref passage parmi nous, un reflet de notre propre vie.
De questions comme : que font-elles quand je ne les regarde pas ? !.. ou : cela leur convient-il que je les photographie ? !..
je me suis peu à peu demandé quelle relation j’entretenais avec elles, moi qui les re/gardais et vivais dans leur proximité,et si je pouvais imaginer qu’un groupe de
fleurs, assemblées par mes soins dans un vase, puisse avoir quelque chose à m’apprendre…
Arrivées jusque dans le récipient qui va les re/cueillir, ces fleurs vivent leur ultime vie de fleur. Dans le lieu où je vis, elles partagent ainsi avec moi un certain temps…
Je vois ou j’imagine la main humaine qui les a coupées, prélevées du paysage.
Elle a effectué sur celui-ci un prélèvement de matière mais aussi de temps, une sorte de photographie qui aurait réellement pris le réel !

Les fleurs ainsi choisies sont alors disposées, arrangées dans le vase, étrange métaphore de la vie, me semble-t-il…
Elles ont à présent aux pieds non plus le ventre de la terre qui les a portées, mais une chose creuse emplie d’eau, et c’est ainsi que, tendues vers la lumière, elles
se transforment, évoluent avec lenteur et précision, et dans le temps qui leur est donné, font de leur mieux en attendant la fin.
Instantanés de vie ou précipités de mort, elles ont en commun avec la photographie la lumière et le temps.
Le thème de la nature morte/still alive/encore en vie… mais vie tranquille, Stilleben comme still life, me paraît fondateur en photographie, si l’on considère cette «
adhérence » pour ainsi dire réciproque du sujet et du médium.
Je tente ici cette rencontre entre un genre considéré généralement comme brillant, où il ne semble être question que d’apparence, d’esthétique, de lumière et de légèreté, à son versant violent de vie, fait d’ombre, de chair et de mort.
Je continue lentement cette action de lecture et de sédimentation. Elle correspond exactement à ma vie présente : nécessité que le temps ait lieu, et qu’en ce lieu il s’écrive, d’une manière ou d’une autre.
Quelques textes courts écrits par moi ou collectés sont ici réunis selon la même méthode que les fleurs, fil du temps et couleur.
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France