Presentation
Claudine Doury
France • Née en 1959
Solstice
« C’est le jour le plus long de l’année. Le jour où le soleil semble s’arrêter. La lumière inonde la terre et résonne sur les êtres, la vie renaît. Appelée Kupala chez les Slaves, Kupalès chez les Baltes, la nuit du solstice d’été est une célébration traditionnelle. Elle trouve ses racines dans des fêtes païennes étroitement liées aux forces de la nature et au culte du soleil.
C’est le temps de la terre féconde et des rituels de fertilité portés par les incantations des femmes autour de l’eau et du feu. »
C’est ainsi que Claudine Doury décrit, de manière factuelle, cette narration photographique personnelle et imaginaire qui plonge avec douceur dans les légendes d’autrefois. Voyageuse empathique, cette artiste sensible n’a eu de cesse, depuis ses débuts, de documenter des régions comme l’Asie centrale, la Crimée ou la Sibérie.
Depuis dix ans, elle s’est rendue, chaque 21 juin, de Saint-Pétersbourg à Maloyaroslavets en Russie, sur l’île du lac Ives au Bélarus, ainsi qu’à Kaunas, Vilnius et dans les campagnes polonaises et lettones, pour témoigner de ce moment si particulier, auprès de ces peuples célébrant le retour de la lumière.
Les rites y sont immuables : l’occasion de parer les corps et les maisons de guirlandes de fleurs, de se purifier dans les rivières à l’aube, d’allumer des feux de joie dans une dimension liturgique et un rapport quasi-divin à la nature.
Claudine Doury découvre des rituels anciens, mais aussi les troubles et les griefs qui traversent notre monde contemporain : l’interaction entre le présent et la mémoire, le pouvoir créatif et révolutionnaire des femmes, la frontière fragile entre la transition et la perte, entre changements et nouveaux départs.
« Je souhaite ainsi rendre compte des forces invisibles qui traversent les lieux et les êtres en ce jour unique », précise-t-elle.
Mystérieuses et délicates, ses images évoquent les forces invisibles qui parcourent ces lieux dans un crépuscule porteur de promesses. Elles interrogent la notion de racines et d’identité. Elles célèbrent également le pouvoir expressif et spirituel de la lumière, rendant ainsi hommage à la nature même de la photographie.
À retrouver au Jardin Saint-Vincent.
© Claudine Doury