Presentation
Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat
France • Nés en 1986 et 1981
Illusions photographiques
Interroger les notions de mémoire et de perception en mêlant photographie et vidéo, rigueur conceptuelle et poésie : c’est ce que Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat s’efforcent de faire depuis leur rencontre en 2005. Sonder le visible pourrait résumer leur approche. En se jouant des limites techniques et des codes établis, ils explorent et transforment le medium photographique.
Leur travail dialogue autant avec l’histoire, la peinture — par ses compositions et ses jeux de perspective — qu’avec la photographie plasticienne ou le cinéma. Jouant avec l’espace-temps et la lumière, ils construisent des images où le réel dialogue constamment avec l’imaginaire. Attentifs à l’histoire de la photographie et à l’évolution des technologies, ils intègrent régulièrement des pratiques expérimentales ou hybrides afin d’interroger la manière dont ces innovations transforment notre rapport aux images et notre vie quotidienne.
Pensionnaires de la Villa Médicis de 2016 à 2017, diplômés de l’École nationale supérieure de la photographie à Arles et de l’Institut national des langues et civilisations orientales, leurs travaux ont fait l’objet d’expositions dans de nombreux musées et instituts, en France comme à l’international.
Entre documentaire et fiction, l’oeuvre de Brodbeck et de Barbuat propose une expérience contemplative. Les deux séries présentées dans cette exposition interrogent notre manière de voir et de consommer l’image. La première, Memories of a Silent world, réalisée entre 2008 et 2011, raconte un monde déserté par l’humanité : sur des sites de nos grandes mégapoles, le temps d’exposition, long de plusieurs heures, falsifie la réalité et ne laisse apparaître sur la photographie que des éléments immobiles. La seconde, Une Histoire Parallèle, une mise en abîme débutée en 2022, est une étude sur l’intelligence artificielle et les mécanismes du souvenir : les images iconiques entrées dans l’histoire de la photographie deviennent des « hallucinations », des anomalies, lorsque les clichés de Robert Capa ou Dorothea Lange sont générés par les IA génératives.
Deux travaux qui nous rappellent que la photographie ne se contente pas de représenter le monde. Elle en modifie aussi profondément la perception.
À retrouver au Jardin du marais.
© Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat