Présentation

Pierre Le Gall
France • Né en 1948
Humain, très humain

Pierre Le Gall, si discret que le monde de l’image l’a injustement oublié, se définit comme un adepte de la photographie buissonnière. « Il nous faut saisir au vol ces éclats de vie espiègles, partout offerts à tous et charmeurs de hasards, révéler des instants d’éternité », estime cet infatigable archiviste de la vie ordinaire. On trouve dans ses images l’improbable alchimie de la légèreté, de l’attention au détail et de l’humour. 

Cette passion pour la photographie naît chez lui dans les années 1960, après avoir vu une exposition d’Henri Cartier-Bresson. En 1972, il reçoit le prestigieux prix Niépce à seulement 24 ans. Mais il n’a jamais souhaité en faire son « vrai » métier, préférant enseigner la philosophie. 

Reste que sa passion ne l’a jamais quitté. Les yeux écarquillés, sans projet ni intention, sans artifice ni prétention, l’appareil toujours à portée de main, il nous offre depuis plus de cinquante ans une photographie spontanée qui dévoile la vraie vie, qui aère l’esprit et l’empêche de se prendre au sérieux, avec tous ces petits instants du quotidien pris à la volée. 

Son oeuvre prolifique, d’une humanité profonde, en noir et blanc, saisit une expression, un regard, un geste, une ambiance avec un brin de tendresse, où la gravité côtoie les situations cocasses et où le cérémonial s’accommode naturellement de la familiarité. 

« Voyeurs sauvages, sans préjugés, éclairés par la grâce de l’enfance retrouvée, émerveillons-nous quand surgissent au détour du chemin l’inattendu, l’insolite, l’étrange… », écrit ce Havrais, né au Vietnam, qui a baladé son regard, bien au-delà de nos frontières. Il vit aujourd’hui à Saint-Jean-du-Doigt, dans le Finistère. 

La Bretagne de Pierre Le Gall est une région où « la lumière et le vent se la coulent douce », dit-il avec malice. Et ces terres bretonnes, il aime les arpenter ; celles des villages, des côtes, des fêtes traditionnelles. 

De quand datent ses photos ? D’hier ou d’aujourd’hui ? Qu’importe. Car notre homme aime les gens, tout simplement. Il les regarde vivre et sait se faire invisible pour dénicher « le fantastique caché dans l’ordinaire et le merveilleux qui se trouve au coin de la rue ». 

C’est toute la grâce de cette intention qui fait de Pierre Le Gall un immense talent de la photographie.

 


À retrouver Rue Saint-Vincent. 
© Pierre Le Gall