Présentation

Sebastião Salgado
Brésil • 1944 - 2025
Chasseur de lumière

 

Jusqu’au dernier jour de sa vie, qui s’est brutalement interrompue à 81 ans, Sebastião Salgado aura vécu pour et par l’image. Il n’était pas qu’un géant de la photographie internationale. Il était aussi un compagnon de route de notre Festival, exposant régulièrement à La Gacilly chacune de ses grandes fresques. Nous ne pouvions que lui rendre hommage. « C’est un chasseur de lumière dans un monde de ténèbres ». Le président brésilien, Lula da Silva, avait trouvé les mots justes pour résumer les cinquante ans de carrière de cet infatigable témoin de nos sociétés en mouvement. 

Rien ne prédestinait pourtant à la photographie cet économiste de formation. Lorsqu’il quitte son Brésil natal, sous la coupe d'une dictature militaire, en 1969, il se réfugie en France avec sa femme Lélia, devenue son indéfectible collaboratrice. Il cherche alors un moyen pour servir la cause des populations les plus fragiles. Il choisit son arme : un appareil photo, et s'oriente, à ses débuts, vers des sujets sociaux, comprenant que l'image a le pouvoir de changer notre regard sur le monde. Les projets s'enchaînent et son style, si particulier, s'affine, avec des clichés puissants et contrastés, en noir et blanc, dans une écriture à la fois documentaire et poétique. Année après année, de voyages en succès, il compose une œuvre unique faite d'icônes intemporelles, un véritable condensé des dérives tragiques de notre époque, tant humaines qu'environnementales. 

De 1977 à 1984, il parcourt l'Amérique latine. Puis il comprend que le monde industriel vit ses dernières heures de gloire : La Main de l'homme le mène dans vingt-six pays, où il s'attache à décrypter les derniers acteurs du travail manuel, des mines d'or dantesques de la Serra Pelada aux usines sidérurgiques de l'URSS. Les vastes mouvements migratoires bousculent les équilibres de notre planète ? Il se lance avec Exodes, principalement en Afrique, dans l'examen minutieux des rouages qui entraînent des populations entières à fuir les campagnes pour la ville, ou leur pays déshérité pour un eldorado utopique. 

Mais cette humanité sombre, dénuée d'espoir, le bouleverse, l'étouffe. Il cherche la lumière, ces matins du monde baignés de pureté. Avec Genesis, il rend hommage aux territoires vierges et à la faune sauvage à l'écart de nos civilisations destructrices de la biodiversité. Enfin, c'est le temps du retour aux sources, avec son dernier travail sur l'Amazonie, une célébration des peuples autochtones, derniers gardiens de nos ressources naturelles. Découvrir cette exposition où il commente certains de ses clichés, c'est remonter un peu le temps et surtout s'interroger sur la fragilité d'une terre si belle que nous risquons de perdre.

 


Exposition conçue par Lélia Wanick Salgado et réalisée en collaboration avec le Studio Sebastião Salgado.
À retrouver au Garage.