Présentation

Révélée par sa série consacrée à l'usine de Renault de Boulogne-Billancourt, l'œuvre de Stéphane Couturier est essentiellement constituée de grands formats pris à la chambre ou au moyen-format dans lesquels l'œil du spectateur se perd, captif de détails. Leur force provient de ce jeu visuel exclusivement argentique jusqu'à sa récente série Melting Point réalisée à l'usine Toyota de Valenciennes. Il expérimente alors la fusion de 2 images préalablement scannées. Le résultat est un foisonnement de détails riche en couleurs, qui aboutit à une surprenante cohérence.
À l'origine spécialisé dans la photographie d'architecture, Stéphane Couturier s'est orienté progressivement vers la photographie plasticienne : ses photographies de chantier révèlent une ville organique, en transformation et en couleurs et se déclinent parfois en diptyques ou triptyques géants. Dans Landscaping, il s'intéresse aux villes nouvelles de Californie mais toujours sous un ciel nuageux écrasant les différents plans et opte pour un nouveau format : le panoramique. Il bénéficie d’une reconnaissance internationale et a été exposé à Paris (BNF, 2004), Séoul, Moscou ou encore New York.
Stéphane Couturier

A la Gacilly ...

Stéphane Couturier - Climat de France
Une planète surexploitée Chandigarh en Inde, Brasilia, La Havane, Barcelone et tant d’autres... Les sujets de Stéphane Couturier sont les grandes métropoles de ce monde. À Alger, c’est sur la Cité « Climat de France » que s’est penché le photographe plasticien. Monumentale, construite en 1957 par l’architecte Fernand Pouillon dans un projet de pacification d’un pays gangréné par la guerre d’Algérie, cette singularité architecturale est devenue un ghetto surpeuplé. Conçu en pierre de taille pour héberger 30 000 personnes, elle regorge désormais de 60 000 âmes. Pour illustrer cet étrange phalanstère de 5 000 appartements et de 233 mètres de long sur 38 mètres de large, le Festival Photo La Gacilly ne proposera dans l’exposition de Stéphane Couturier qu’un seul et unique tirage qui cerclera le lieu-dit du Garage, comme un immense traveling latéral. Un choix éditorial et scénographique qui surligne à la fois le gigantisme de la Cité Climat de France, mais aussi le talent et la technique dont a usé Stéphane Couturier pour créer une telle image, sur plusieurs années.