Présentation

Vincent Munier
France • Né en 1976
Le chant des forêts

Pour un bon photographe, l’aventure commence en bas de chez soi. Cela tombe bien : Vincent Munier est un grand photographe qui, de plus, à réinventé l’imagerie animalière. À cette époque mondialisée où l’on prend un long-courrier comme on prend le métro, celui qui est devenu célèbre pour avoir documenté les loups de l’Arctique et les panthères des neiges a voulu, cette fois, revenir aux sources. 

Avec son père naturaliste, Michel Munier, et son fils Simon, ils ont arpentés les forêts des Vosges de son enfance. Le résultat ? « Le Chant des Forêts », l’un des documentaires événement sorti l’hiver dernier, qui a conquis le public français jusqu’à être récompensé aux César en février 2026.

Grâce à l’affût, il a saisi la majesté et la beauté de nos territoires, tout comme la vie sauvage qui y subsiste : un oiseau minuscule posé sur une branche givrée, deux biches traversant une nappe d’eau dans la brume matinale, le cerf et son brame vibrant dans la vallée, un lynx furtif ou le grand tétras qui l’a si longtemps fasciné. 

« Pour être capable d’apprécier la poésie du sauvage, l’enjeu est de retrouver une âme d’enfant et une faculté d’émerveillement. Il y a presque une dimension spirituelle là-dedans », raconte-t-il. 

Munier ne chasse pas le spectaculaire à tout prix. Là où le plus grand défaut de la photographie animalière est celui de vouloir tout sensationnaliser à outrance, lui fait tout l’inverse. La patine de ses images, leur charme si particulier, naît de l’attente, du silence, d’une immersion totale dans un univers. Grâce à lui, on redécouvre ces espaces boisés et ces vallées à côté desquels nous vivons sans jamais vraiment les considérer. 

En revenant aux Vosges plutôt que de partir au bout du monde, Munier ne réduit pas son horizon. Au contraire. Il rappelle que le sauvage et l’aventure ne se trouvent pas forcément aux confins de notre planète, qu’ils sont là, discrets et fragiles. Et que c’est en apprenant à se déconnecter, à simplement regarder et écouter la nature, à s’en émerveiller et à l’aimer que nous aurons – vraiment – envie de la protéger.

 


À retrouver Rue Lafayette. 
© Vincent Munier