Presentation
Jean-Marie Périer
France • Né en 1940
"Mes années pop"
Le magazine Vanity Fair raconte qu’à chaque fois qu’une célébrité meurt, le téléphone de Jean-Marie Périer sonne. Mais le résumer à un simple « photographe des stars » est un peu court. L’étroitesse de cette case ne saurait contenir le talent de celui qui a immortalisé l’ascension et la grandeur de ceux qui ont façonné l’esprit du temps de plusieurs générations. Et puis, au moment où il commence sa carrière, dans les années 60, il a le même âge, la même insouciance que ceux qu’il photographie. Johnny Hallyday, Sheila, Sylvie Vartan, Jacques Dutronc, Françoise Hardy ou encore Mick Jagger sont ses compagnons de route, et ces célébrités ne sont pas forcément encore les géants érigés sur les piédestaux que nous leur avons construits.
D’ailleurs, Périer en a assez aujourd’hui d’être constamment renvoyé à ses heures de gloire d’il y a cinquante ou soixante ans. C’est le problème de commencer sa carrière dans une époque qui rêvait d’un futur meilleur et de la terminer dans une autre qui ne fait que fantasmer un passé moins pire.
Chanteurs, créateurs, acteurs… La fraîcheur, l’innocence et le génie de cette deuxième moitié du XXe siècle relèvent d’un savant alignement de planètes que beaucoup regrettent. Certes, les photos de Jean-Marie Périer que nous aimons tant ne seraient plus possibles aujourd’hui. Non pas parce que les photographes et les artistes contemporains sont moins bons qu’hier, mais parce que les conseillers en communication d’aujourd’hui seraient capables de les retoquer sans autre raison que leur mauvais goût.
C’était une planète pop, acidulée et ouverte. C’est ce qu’aimait Périer chez ces iconoclastes qui passaient devant son objectif. Toujours au magazine américain, il racontait encore l’année dernière son admiration pour les « voyous, cinglés mais élégants » comme Serge Gainsbourg et Alain Delon.
« Ils faisaient tout ce dont ils avaient envie, c’est le summum dans la vie. » Liberté, liberté chérie. Alors, comme l’écrit son ami Erik Orsenna de l’Académie française : « Grâce soit rendue à l’œil fraternel et malicieux de Jean-Marie Périer. Par sa poésie, par son invention, il nous a délivrés de la nostalgie. Il nous lègue bien autre chose : l’univers nomade tout à fait détaché du temps, une insolence bienveillante, une île de bonheur où régnait cette chevalerie douce (la gentillesse). En un mot, il nous fait le cadeau de la jeunesse. »
À retrouver au Labyrinthe.
© Jean-Marie Périer