Presentation

Jane Evelyn Atwood
France - États-Unis • Née en 1947
Visions de France

 

Elle est née aux États-Unis, mais son cœur habite en France, où elle réside entre la Bretagne et Paris. Installée dans notre pays depuis 1971, Jane Evelyn Atwood le regarde avec les yeux d’une profane devenue citoyenne. 

Sa France n’est ni carte postale ni roman national : c’est un territoire fait de visages, de silhouettes et de silences. Une France que l’on effleure souvent sans la saisir. 

En 1976, elle achète son premier appareil et s’installe rue des Lombards, à Paris. Elle y photographie les prostituées, femmes et hommes : leurs chambres sombres, leurs attentes, leurs joies et leurs fatigues. Ce travail au long cours disait déjà l’essentiel de la démarche photo journalistique de Jane Evelyn Atwood : pour comprendre un pays, il faut accepter de passer de l’autre côté du miroir, d’entrer dans ses zones d’ombre. 

Atwood ne documente pas : elle accompagne. En 1987, elle suit Jean-Louis, premier malade du sida en France à avoir accepté d’être photographié jusqu’à sa mort. À une époque sidérée et terrifiée par l’épidémie, elle donne un visage à cette poussière que l’on voudrait mettre sous le tapis. 

Elle s’intéresse aussi aux femmes en prison, aux victimes des mines antipersonnel, aux enfants aveugles à travers le monde, travail récompensé par le prestigieux Prix W.Eugene Smith en 1980. Elle est toujours là où il lui semble qu’elle doit être, avec acuité, sensibilité, respect et intelligence. 

Après le Liban, le Tchad, les États-Unis, Haïti et des dizaines d’autres reportages, la photographe s’est consacrée à un tout autre sujet : les chevaux. De l’île d’Ouessant aux steppes de Mongolie, elle est fascinée pour leur puissance, leurs muscles tendus, leurs regards calmes, leur allure majestueuse et élégante. 

En médecine, l’utilisation des animaux et leur proximité avec les malades constituent une démarche thérapeutique reconnue et prouvée. Peut-être a-t-elle trouvé dans ces corps équins en mouvement, sculptés par la lumière, posant librement, une forme d’apaisement après une vie passée à éprouver son regard sur les exclus, les marginaux, les tristesses, les drames et les affres du monde.

 


À retrouver à la Prairie. 
© Jane Evelyn Atwood