Présentation

Nadar
France • 1820 - 1910
L'art du portrait

 

Ils sont nés Tournachon et ont adopté le pseudonyme de Nadar, qui sonne aujourd'hui comme une légende de la photographie française. 

Trois hommes, trois précurseurs, trois destins qui ont contribué à donner ses lettres de noblesse à un art encore balbutiant, dans la seconde moitié du XIXe siècle.

De cette saga familiale, on retient souvent Félix Nadar (1820-1910), personnalité flamboyante, tour à tour journaliste pamphlétaire, écrivain, caricaturiste, resté célèbre pour la géniale galerie de portraits qu'il fait de ses contemporains dans les années 1850-1860 : le regard pétillant d'Alexandre Dumas père, le spleen de son ami Charles Baudelaire, la majesté romantique de Franz Liszt ou Victor Hugo, qu'il photographie une dernière fois sur son lit de mort, le visage éclairé à la seule lumière du jour.
Un chef-d'œuvre. 

Il joue sur les silhouettes et les drapés, gomme les costumes envahissants et les décors pâteux. Félix est un visionnaire et écrase deux personnages restés dans son ombre : son frère Adrien Tournachon (1825-1903), artiste bohème et photographe inspiré, et son fils Paul Nadar (1856-1939), moderne chef d'entreprise et propagateur de Kodak en France.

Le premier joue sur l'expression de ses modèles : le regard perdu d'un Gérard de Nerval ou la mélancolie d'un Gustave Doré.

Le second est né dans l'atelier de son père pour lequel il a posé dès sa plus jeune enfance: la photographie est sa raison d'être. Jusqu'à sa mort, il fera de la maison Nadar, présente à Paris et à Marseille, une institution où défilent toutes les grandes gloires du siècle, de Sarah Bernhardt aux grandes familles aristocratiques.

La fille de Paul, Marthe, légua le fonds de l’atelier à l’État, qui en fit l’acquisition définitive en 1950. Environ 250 000 négatifs rejoignirent alors les Archives photographiques.

Classés Monument historique en 1992, ils ont intégré la Médiathèque du patrimoine et de la photographie lors de la création de l’établissement en 1996.

 


Exposition réalisée avec le soutien de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie. Remerciements à Fatima De Castro, Matthieu Rivallin, Gilles Désiré dit Gosset, et les équipes de la MPP.
À retrouver au Labyrinthe. 
© Nadar