Présentation

« Je pense sans honte que mes images sont idylliques et romantiques, une certaine vision d’une Afrique enchantée. Elles sont une élégie à un monde tragiquement en train de disparaître. » Ainsi Nick Brandt décrit-il son ambitieux projet d’immortaliser la grandeur des animaux sauvages de l’Afrique orientale. La majesté de ses portraits iconiques en noir et blanc des lions, girafes ou autres éléphants, témoigne d’une attention habituellement réservée aux êtres humains. Des photos illustrant un monde verdoyant à celles représentant des groupes épars d’animaux qui avancent sur une terre brûlée et poussiéreuse, Brandt dresse le portrait d’une Afrique mythique qui se bat tragiquement contre des forces implacables.

Sur le terrain, l’auteur va au plus près. « On ne fait pas le portrait d’un individu au téléobjectif, à trente mètres, en imaginant rendre un peu de son âme ; on s’approche de lui. Alors, je prends mon temps et j’avance petit à petit – en voiture ou à pied – jusqu’à n’être plus qu’à quelques mètres des animaux. Ce qui m’intéresse en définitive, ce n’est pas de créer une oeuvre purement documentaire, mais de montrer les animaux en train d’être, tout simplement. En train d’être avant qu’ils ne soient plus. Avant qu’ils ne cessent d’exister, à l’état sauvage en tout cas. » D’où la présence dans ses photographies d’un décor souvent surréaliste, noyé dans le flou, adouci ou blanchi. Comme si ses guépards ou ses zèbres surgissaient d’une ambiance crépusculaire, en dehors du monde. Dans quelques années, en regardant ces clichés impressionnants, nous nous demanderons pourquoi l’humanité n’a pas fait davantage pour préserver ce coin de paradis terrestre.
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