Catalina_Martin-Chico_FestivalPhotoLaGacilly2021
Catalina Martin-Chico_FestivalPhotoLaGacilly2021
France-Espagne
Equateur, la forêt vivante

« Pour nous, les peuples natifs de l'Amazonie, la forêt est vivante, c'est Kawsak Sacha. Elle est habitée par des Êtres Protecteurs qui veillent jalousement à l'équilibre dans la fragilité des écosystèmes et des relations avec les êtres humains. Les cascades, les lacs, les rivières, les marais, les arbres de vie, les sources d'alimentation et de minéraux, les grands arbres et les montagnes ont leurs êtres protecteurs : ce sont les Runayuk. » Au cœur de l’Équateur, le peuple Kichwa de Sarayaku vit, en pleine autonomie, dans les forêts montagneuses de Pastaza, parcourues par de nombreuses rivières qui viennent se jeter en aval dans le fleuve Amazone. Un peuple qui résiste pour préserver son mode de vie, comme tous ceux qui résident dans ces forêts tropicales grignotées par l’urbanisation et l’exploitation industrielle. Le développement de puits d’extraction de pétrole, contenu dans le sous-sol de la forêt, est une menace sur la qualité des eaux mais aussi sur la biodiversité et la santé de ses habitants. Primée au World Press Photo 2019 pour son travail au long cours sur les FARC en Colombie, la photojournaliste franco-espagnole Catalina Martin-Chico est une habituée du continent sud-américain et des espaces clos. Après un long périple en voiture puis en pirogue, elle a rejoint un village Kichwa et s’est immergée plusieurs semaines dans la vie de ses occupants pour comprendre leur identité et leur combat. Elle a partagé l’existence d’une ethnie vivant d’une économie de subsistance dont la forêt fournit l’essentiel des ressources. Un monde soucieux de protéger une biodiversité malmenée.

JARDIN DES MARAIS

Pascal Maitre_FestivalPhotoLaGacilly2021
France
L'incroyable odyssée des papillons monarques

C’est l’histoire d’un voyage, d’une incroyable migration comme le monde animal en compte peu. Lorsque l’hiver approche, des millions de papillons monarques quittent le nord de l’Amérique et leur royaume de la région des Grands Lacs, et voyagent pendant deux mois à un rythme de 75 kilomètres par jour jusqu’aux forêts d’oyamels des montagnes du centre du Mexique. Sur les hauteurs de l'État du Michoacán, ces insectes viennent se réfugier dans ce que les scientifiques se plaisent à surnommer « le palais d’hiver ». Fuyant les températures glaciales qui s’installent sur la partie septentrionale du continent, les monarques parcourent jusqu’à 5000 kilomètres pour venir hiverner sur les troncs et les branches de ces immenses pins. 
Mais la longévité d’un papillon ne dépassant que rarement les cinq semaines, les papillons qui entreprennent le voyage du retour ne sont que les lointains descendants de ceux qui ont effectué celui de l’aller. Plus merveilleux encore : chaque année, à la fin de l’été, les monarques donnent naissance à une génération spéciale dite Methuselah, ou Mathusalem. Contrairement aux autres, celle-ci peut vivre jusqu’à huit mois, et ainsi participer aux deux voyages. Comme si les humains pouvaient donner naissance, sur commande, à des enfants ayant une longévité de plusieurs centaines d’années. 
Pascal Maitre s’est rendu dans les sanctuaires mexicains de ces papillons monarques menacés d’extinction par une déforestation endémique. Un fléau endigué avec succès par l’action du WWF Mexico, soutenu par la Fondation Yves Rocher dans sa politique de reforestation.

JARDIN DES MARAIS

Mathias_Depardon__FestivalPhotoLaGacilly2021
France
Les larmes du tigre

Les jardins d’Éden existent, et ils sont en danger. Situés en Irak, dans les marais de l’ancienne Mésopotamie, ils constituent pourtant l’ultime richesse du berceau des anciennes civilisations sumériennes et assyriennes. Niché au confluent du Tigre et de l'Euphrate, le plus grand écosystème en zone humide de l’Eurasie occidentale, inscrit en 2016 au patrimoine mondial de l’UNESCO, est aujourd’hui au bord de l’assèchement. 
En 1991, Saddam Hussein avait condamné la région en construisant des digues pour chasser les rebelles chiites qui s'y étaient retranchés, entraînant un exode des populations. Après la chute du dictateur irakien, les habitants ont détruit les barrages et libéré les eaux mais la couverture de la surface inondée est réduite à peau de chagrin : elle atteignait jusqu’à 13 000 km2 en 1990 contre à peine 1 600 km2 aujourd’hui. En cause, une mauvaise gestion des ressources par le gouvernement central irakien et la construction de plusieurs barrages en amont en Turquie (GAP Project), qui ont largement affaibli les fleuves de la Mésopotamie. 
Seule une solution concertée entre les pays riverains du Tigre et de l'Euphrate pourra éviter une catastrophe écologique de grande ampleur : la disparition d’une biosphère unique et l’évaporation d’une culture ancestrale reposant sur la pêche et l’élevage de buffles. Dans le cas contraire, l'assèchement rapide du Sud de l'Irak pourrait faire naître le prochain conflit. Des barrages de Turquie aux eaux du Chatt-el-Arab dans le sud Irakien, le photographe Mathias Depardon a suivi le cours du Tigre, appauvri par les grands travaux, les guerres et une sécheresse endémique. Le road movie photographique d’une lente agonie.

CHEMIN DES LIBELLULES

Nick_Brandt__FestivalPhotoLaGacilly2021
Royaume-Uni
This empty world

« Sur cette terre, une ombre tombe, à travers une terre ravagée ». Une seule phrase ne suffisait pas à Nick Brandt. Composée du titre de ses trois premiers ouvrages, On This Earth, A Shadow Falls, Across the Ravaged Land, il alertait déjà le monde des dangers de la chasse et du braconnage sur la faune sauvage d’Afrique, qu’il défend à travers son engagement et son ONG, Big Life Foundation. 
Malgré certaines avancées réalisées dans le domaine de la conservation – comme la fermeture du marché de l’ivoire en Chine –, le photographe poursuit son combat. Avec This Empty World, il dénonce l’urbanisation galopante qui entraîne la perte d’habitats naturels pour les animaux : la principale menace, aujourd’hui, qui pèse sur les écosystèmes. Dans des photographies où la dystopie tutoie le surréalisme, des éléphants, des rhinocéros, des lionnes et des girafes errent sans but au milieu de décors créés de toute pièce par Nick Brandt et ses équipes. Des images réalisées sans autre trucage que celui de la superposition de deux clichés. Un travail qui ressemble à son auteur : ambitieux, engagé et visionnaire. Cette nouvelle monographie, que Nick Brandt a réalisée pour la première fois en couleur, illustre de façon frappante un monde dans lequel, submergé par le développement humain en fuite, les animaux n’ont plus de place pour survivre. Une œuvre qui nous interroge sur le devenir du monde.

GARAGE

Ulla Lohmann_FestivalPhotoLaGacilly2021
Allemagne
Les gardiens de la biodiversité

Documentariste, photographe et aventurière, connue pour ses images exceptionnelles des volcans du Vanuatu et des ethnies de Papouasie- Nouvelle-Guinée, la photographe allemande Ulla Lohmann a la nature au cœur. « Depuis mon enfance, aime-t-elle répéter, j’ai appris à lire les traces dans la forêt, à comprendre le rythme des saisons, celui des animaux. » C’est donc sans surprise que la Fondation Yves Rocher lui a confié cette mission photographique d’immortaliser ceux qui, à Madagascar, luttent pour la préservation d’un espace naturel menacé. Car sur cette île d’Afrique australe, la déforestation est un désastre : exploitation du bois précieux, feux de brousse, le pays a perdu presque la moitié de sa surface naturelle forestière ces soixante dernières années. Ulla Lohmann s’est rendue sur le site d’Antrema, au nord-ouest de Madagascar, une réserve bioculturelle de 20 660 hectares protégée par la communauté de Sakalava. Ici, les lémuriens, une espèce endémique en voie de disparition, sont considérés comme des êtres sacrés et donc protégés, et les coupes sauvages de bois sont sévèrement réprimées. Sur la côte opposée, dans la région d’Analanjirofo, la reforestation est devenue cause régionale : des familles entières s’activent, avec le soutien des ONG, à replanter des girofliers ou des arbres fertilitaires, qui génèrent des revenus complémentaires. Un road-movie comme un hymne à la vie.

JARDIN DES MARAIS

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